Turquie : l’Église catholique n’est toujours pas reconnue – l’orthodoxe non plus…

J’ai évoqué, avant-hier, les abominables traitements réservés aux chrétiens dans l’empire ottoman par les mulsulmans, et des abominations qui se poursuivent de nos jours dans la Turquie “moderne”. Ce pays qui veut entrer dans l’Europe n’accorde pourtant aucun statut juridique à l’Église catholique alors même que le Vatican et la Turquie entretiennent des relations diplomatiques. Et cette reconnaissance n’est pas pour demain après l’audience des évêques catholiques turcs au Parlement d’Ankara. Lisez ces extraits d’une dépêche d’hier de l’agence APIC (KIPA) pour en savoir plus… D.H.

La question de la reconnaissance juridique de l’Église catholique en Turquie était au cœur d’une rencontre entre le Parlement et la Conférence épiscopale turque. Cette entrevue avait été demandée par l’ambassadeur turc près le Saint-Siège, Kenan Gürsoy. Mgr Ruggero Franceschini, président de la Conférence épiscopale turque, ainsi que Mgr Louis Pelâtre [vicaire épiscopal d’Istanbul, d’origine française], étaient présents à cet entretien. Jusqu’ici seuls les responsables orthodoxes avaient été entendus.

En février dernier, le patriarche œcuménique Bartholomeos Ier de Constantinople avait été consulté par la commission parlementaire qui travaille à la rédaction d’une nouvelle Constitution turque. À cette occasion, il avait demandé la reconnaissance de la personnalité juridique pour les communautés religieuses, de façon à ce qu’elles puissent acquérir des propriétés. Ce processus est particulièrement long et difficile, selon Mgr Louis Pelâtre, qui se réjouit toutefois d’avoir été consulté par la grande assemblée nationale de Turquie.

Le prélat d’origine française relève que, selon les responsables turcs, une telle reconnaissance juridique ne correspond pas à la législation turque actuelle. « Mais si une telle rencontre pouvait avoir une influence sur la rédaction de la nouvelle Constitution, pour ultérieurement essayer de régler cette question, ce serait bien ! ».

Mgr Pelâtre souligne l’importance d’une telle reconnaissance avant tout pour les fidèles catholiques qui sont des citoyens turcs. Lui-même ne peut ouvrir un compte en banque qu’en son nom propre, pas au nom de l’Église catholique, « une institution qui n’existe pas » en tant que telle en Turquie.

Source : APIC (KIPA)

Donazione Corrispondenza romana