Rio+20 : l’écologie contre l’homme

(Present.fr) Le sommet de Rio de Janeiro sur le développement durable – « Rio+20 » – devait s’achever en cette fin de semaine à l’issue de plusieurs mois de réunions préparatoires et de deux jours de défilé de 130 chefs d’Etat, parmi lesquels François Hollande. Défendre la planète, mettre un frein à la pollution, assurer le respect de l’environnement, quoi de plus vertueux ?

Mais justement, les choses doivent se poser en termes de morale et de religion. Lorsqu’on les analyse, on perçoit que les objectifs profonds de cette grande transhumance internationale à grands frais d’énergie et de CO2 sont précisément d’ordre religieux, et surtout pas très catholiques.

Organisé par l’ONU, le sommet Rio+20 dévoile mieux que jamais les ressorts profonds de cette religion verte qui sacralise la nature au détriment de l’homme perçu et dénoncé comme l’ennemi de la planète et de la biodiversité.

Si bien que l’on ne compte plus les déclarations de savants et d’organisations internationales, gouvernementales ou non, qui plaident pour une réduction de la population. Prudents, ils répètent tous que cela ne devra pas se faire de manière coercitive – avortements et stérilisations forcés, on ne connaît cela que trop, de la Chine au Pérou – mais en plaidant pour la diffusion planétaire de la contraception volontaire.

La semaine dernière, 105 académies des sciences reliées dans le réseau mondial IAP ont ainsi assuré qu’il fallait « réduire la rapide croissance de la population » en vue de « stimuler et faciliter la croissance économique », de lutter contre l’épuisement des ressources naturelles et même d’obtenir la « réduction de l’inégalité de genre ». Planning familial pour tous ! Tant pis pour le vieillissement catastrophique de la population dans de très nombreux pays du monde qui posera des problèmes inextricables à moyen terme…

Sur place, c’est le Fonds des nations unies pour la population, FNUAP, qui plaidait pour l’arrêt de la « croissance démographique insoutenable », rejoint par des représentants d’organisations internationales et de responsables nationaux présentant tous le planning familial universel comme condition du développement durable. C’est une nouveauté de voir les choses affirmées aussi clairement dans un tel contexte de sommet international, et il faut bien comprendre que cela concerne aussi bien la promotion de la contraception que celle de l’avortement légal, même si c’est en contradiction avec les traités internationaux.

Mais on a enregistré une belle victoire des défenseurs de la vie qui ont – à moins d’un changement de dernière minute – réussi à écarter les mots codés de promotion de l’avortement des documents finaux du sommet. Non seulement l’avortement n’y est pas mentionné, mais un groupe de pays a rallié le Saint-Siège pour obtenir qu’aucune référence à la « santé reproductive » ou au « contrôle de la population » n’y figure. Il s’agit du Nicaragua, du Chili, de la Russie, du Honduras, de la Syrie, de la République dominicaine, du Costa Rica et de l’Egypte.

Le Chili a clairement souligné que le « droit à la vie » est incompatible avec les termes « droits reproductifs » qui n’ont de toute façon rien à faire dans un document sur le développement durable.

Ainsi les efforts d’agences onusiennes et de pays riches cherchant à imposer un droit international à l’avortement et à la contraception ont été réduits à néant. On sait cependant que cette lutte-là est très loin d’être finie.

Curieusement, l’accent est rarement mis dans ces sommets sur les recherches visant à rendre l’industrie humaine plus propre, l’exploitation des ressources plus respectueuse, les découvertes qui laissent espérer des moyens de piéger le CO2 supposé responsable du réchauffement climatique (que nous subissons de plein fouet à Paris, n’est-ce pas ?).

Plusieurs tables rondes ont permis de mettre en avant à l’occasion de Rio+20 des projets carrément antichrétiens. C’est le cas de la fameuse Charte de la Terre qui a droit de cité au sommet : l’un de ses promoteurs, Leonardo Boff, a ainsi été officiellement reçu au Sénat brésilien, d’autres lobbies plaidant pour cette sorte de vénération universelle de la Terre-Mère – derrière Nelson Mandela entre autres – ont été reçus ces dernières semaines. Bouddhisme, chamanisme, idolâtrie de la nature sont au programme. Détournement d’une bonne cause en vue d’une mauvaise fin…

JEANNE SMITS

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