La morale laïque de Peillon : celle de Danton !

(present.fr) La morale laïque que Vincent Peillon veut instaurer à la rentrée 2013 dans l’enseignement, à l’issue d’une « grande réflexion » menée par une énième mission, n’est « ni ordre moral ni instruction civique », explique contradictoirement le ministre de l’Education nationale dans un entretien au Journal du Dimanche :  « Je n’ai pas dit instruction civique mais bien morale laïque.

C’est plus large, cela comporte une construction du citoyen avec certes une connaissance des règles de la société, de droit, du fonctionnement de la démocratie, mais aussi toutes les questions que l’on se pose sur le sens de l’existence humaine, sur le rapport à soi, aux autres, à ce qui fait une vie heureuse ou une vie bonne. »  Comme dit Bruno Dive de Sud Ouest, « la morale, c’est comme la bonne santé ou le beau temps : tout le monde est pour », et l’intention du ministre pourrait être louable si l’ancien professeur de philosophie ne déraillait aussitôt sur le contenu, la nature et l’origine de la morale en général.  Pour le ministre en effet, il ne faut pas non plus confondre morale laïque et ordre moral : « C’est tout le contraire. Le but de la morale laïque est de permettre à chaque élève de s’émanciper, car le point de départ de la laïcité c’est le respect absolu de la liberté de conscience. Pour donner la liberté du choix, il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix. »

Le refus d’un ordre est encore un ordre et le refus d’un choix métaphysique un choix idéologique. Sous couvert d’émancipation, ne reconnaît-on pas ici le déterminisme étatique des communistes inspiré déjà par Danton : « Les enfants appartiennent à la République avant d’appartenir à leurs parents » ? Dans l’ordre naturel, l’éducation des enfants relève fondamentalement des parents, qui délèguent leur autorité parentale aux corps intermédiaires compétents – les écoles, le scoutisme… – pour élever leurs enfants selon ce qu’ils pensent être la vérité et le bien, c’est-à-dire selon la philosophie et la religion qu’ils désirent.

Outrepasser aussi outrageusement ce droit naturel rend toute recherche de morale commune suspecte et dangereusement totalitaire : — Votre enfant m’intéresse ! Puisqu’il faut de toute façon choisir pour l’enfant, c’est aux parents d’abord (sauf exceptions) qu’il revient de choisir le milieu spirituel de son éducation. Car, pour un être encore incertain, influençable et vulnérable comme l’enfant, la vraie liberté et la véritable émancipation consistent à être guidé dans la vie par ceux qui l’aiment le plus et qui en sont les premiers responsables.

On n’élève pas abstraitement un enfant dans l’espéranto en le privant de sa langue maternelle de façon à ce qu’il puisse « librement » choisir la langue qui lui convient le mieux à sa majorité !  S’attribuant abusivement, par puissance d’Etat, cette fonction délicate qui revient d’abord naturellement aux familles et surnaturellement à l’Eglise (mater et magistra) pour les baptisés – il n’y a pas de paternité spirituelle analogue de l’Etat pour les citoyens car la société politique n’est pas une société de personnes mais de familles ! – le laïcisme commet en quelque sorte une prise d’otages de nos enfants, se substituant donc aussi au pouvoir spirituel, en se faisant Etat-enseignant comme l’Eglise enseignante.

Etat confessionnel ou théocratique, souverain et pontife ! C’est le sophisme de Baubérot déjà vu dans Présent du 1er août et la contradiction du piètre philosophe que s’avère être Vincent Peillon. Après la Révolution, on a vu dans les pays totalitaires (nazis et communistes) où menait cette logique de l’Etat moraliste voulant arracher l’élève à sa famille et à ses racines. Attention danger !  REMI FONTAINE

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