Sept prêtres africains visés par un « Allah Akbar » dans le Vaucluse : qui, pour en parler ? - Corrispondenza romana
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Sept prêtres africains visés par un « Allah Akbar » dans le Vaucluse : qui, pour en parler ?

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(Gabrielle Cluzel, Boulevard Voltaire – 9 décembre 2020) Tandis que, sur les réseaux sociaux, la polémique sur le « negru » lâché par un arbitre roumain fait rage, d’autres « Noirs », en France, font l’objet de menaces sans que nul ne s’en émeuve ou, en tout cas, que l’information n’ait fait de bruit au-delà des frontières du département.

Il s’agit de sept prêtres africains, dans le diocèse d’Avignon (Vaucluse), ayant chacun reçu un courrier avec deux mots, pas un de plus, inscrits en arabe et en français : « Allah Akbar ». Deux mots dont nul ne peut ignorer le caractère gravissime dans le contexte actuel. L’enquête qui a été ouverte n’a donné, pour le moment, à notre connaissance, aucun résultat. Les sept prêtres, dans une sérénité apparente, disent ne pas vouloir céder à l’intimidation et continuer à exercer comme avant leur sacerdoce. Leur église fait, cependant, désormais l’objet d’une protection par les forces de l’ordre. Notons qu’il y a quelques jours, dans le même département, à Avignon très exactement, des religieuses qui faisaient le plein d’essence de leur voiture sur le parking d’un centre Leclerc ont été visées par un projectile lancé par un homme à scooter, portant djellaba blanche et turban rouge. Sans que la presse ne s’en fasse l’écho.

Bien sûr, pour le moment, rien de grave à proprement parler. Ces provocations peuvent être le fait de déséquilibrés et non de terroristes, encore que l’un ne soit pas exclusif de l’autre. Mais imaginons simplement. Imaginons, un instant, que trois musulmans aient été sauvagement assassinés, il y a un mois, dans une mosquée. Et qu’aujourd’hui, trois imams, à moins de 300 kilomètres de là, soient visés par une lettre anonyme, avec des mots que l’on sait être le macabre préalable de chaque exécution. Pensez-vous que le seul écho, dans les médias, en aurait été une ou deux brèves et quelques entrefilets ?

L’indignation médiatico-politique, en France, est un concours d’élégance. À critères multiples et notes éliminatoires. Il ne suffit pas de cocher une case – la couleur de peau, par exemple – si votre religion est malséante. Si vous êtes prêtre africain, désolé, merci d’avoir participé, mais vous ne serez pas en finale sous les feux des projecteurs, avec la grosse caisse et le chœur des pleureuses. Et l’atout d’être femme, par exemple, ne saurait compenser le mauvais goût d’être de droite, on peut donc continuer à cogner en toute tranquillité sur Nadine Morano ou Marine Le Pen. Avec quelques relations et un peu de talent, on pourra peut-être même décrocher une chronique sur France Inter, dont le caractère « humoristique » permettra de s’affranchir de la légendaire neutralité du service public.


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La vérité est que l’orchestre se fiche éperdument du sort des Noirs et des femmes, ou plutôt ne s’y intéresse qu’autant que ceux-ci servent ses idées et ses projets. Si ces Africains ont eu l’idée saugrenue de devenir curés avec le risque d’être menacés par les islamistes que cela comporte, que peuvent-ils y faire, n’est-ce pas ?