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Entretien de l’abbé Guy Pagès avec Olivier Bault pour Réinformation.TV

Mon Père, je sais que vous êtes plutôt critique vis-à-vis de l’islam que vous connaissez bien et vous n’employez pas de langue de bois pour en parler. J’aimerais donc vous poser une question très directe : d’un point de vue purement humain, en tant que citoyen, pensez-vous que tout est perdu ?

 Oui. Pour plusieurs raisons : la démographie, l’immigration légale et clandestine, les conversions à l’islam, l’absence de stratégie missionnaire spécifique de la part de l’Église à l’endroit des musulmans, la complicité des États occidentaux à leur islamisation programmée.

La population européenne de souche, vouée à l’hédonisme et au culte de Moloch dévorant plus de 600 enfants/jour en France par l’avortement remboursé et promu comme un bien, est en train de disparaître (1,4 enfant/femme en Italie, Allemagne, Espagne, Grèce, 1,3 enfant/ femme en Pologne, etc.), et parallèlement, les immigrés, dont la plupart sont musulmans, sont très féconds. Le laïcisme s’interdisant de discriminer les religions, refuse de reconnaître la religion catholique comme l’unique et vraie religion, s’opposant donc à ce que le Christ règne, ennemi du Christ (Mt 12.30), il devient l’allié de l’islam, cette autre tête de la Bête (Ap 13.1).

C’est ainsi qu’il favorise l’implantation de l’islam par toutes sortes de moyens plus ou moins détournés, comme l’attribution pour la construction de mosquées de baux emphytéotiques pour un euro symbolique et 99 ans d’occupation, la modification des programmes scolaires, la suppression des symboles chrétiens de l’espace public, les dérogations à notre législation (halal, presse, voile…), l’indulgence sinon l’impunité judiciaire accordée aux racailles musulmanes, l’apprentissage de l’arabe, la création d’aumôneries, le silence sur les pratiques contraires à nos principes constitutionnels, etc..

Tout cela mis côte-à-côte fait que d’un point de vue humain, statistique, l’avenir est à l’islam.

 

 

Ce laïcisme pro-islam vient-il selon vous d’une hostilité vis-à-vis de la religion chrétienne chez les élites politiques et médiatiques en France ? Ou faut-il y voir plutôt de la naïveté ?

C’est par hostilité au christianisme. Tant de forces s’unissent en France dans une même détestation de la religion chrétienne : que ce soit la prétendue Réforme, qui a rejeté l’autorité de l’Église et de la Tradition ; la Franc-maçonnerie, qui a rejeté le fait de la Révélation et la notion même de vérité objective ; le communisme et toute la Gauche qui ont rejeté jusqu’à l’existence de Dieu et l’ordre naturel ; et enfin toute la tiédeur complice des mauvais catholiques, vivant en état de péché mortel, pendant que leurs pasteurs regardent ailleurs (cf. dernièrement l’affaire du MRJC pro-avortement financé par la CEF). La naïveté ne saurait être une excuse, car assumer des responsabilités sans en avoir les compétences est en soi coupable.

De plus, la nature démoniaque de l’islam saute aux yeux de quiconque a un minimum de bon sens. L’actualité, l’histoire et la Révélation chrétienne étant là pour chasser tout doute possible à ce sujet.  

Vous dîtes que l’on n’évangélise pas les musulmans à cause de la laïcité, mais c’est aux chrétiens d’annoncer l’Évangile aux musulmans comme aux autres.

Vous avez raison. Sauf que l’on n’annonce pas l’Évangile aux musulmans comme à des athées, et que la raison d’être dernière des institutions est de favoriser le salut de tous, car, comme le disait Pie XII : « De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes (Discours pour le Cinquantième anniversaire de Rerum Novarum, 1er Juin 1941) ».

A mon avis, le premier problème, le plus important, le plus grave, c’est celui du comportement de la hiérarchie catholique que beaucoup perçoivent comme lâcheté et compromission. Lorsqu’un évêque finance la construction d’une mosquée, que des évêques posent la première pierre des mosquées, prétendent que l’islam est une bonne religion, n’invitent pas à quitter l’islam, comment ces pasteurs ne nourriraient-ils pas l’indifférentisme, ne videraient-ils pas en conséquence leurs églises, et n’apparaîtraient-ils pas aux yeux des gens sains d’esprit comme des traîtres les conduisant à la mort du temps et de l’éternité ?

Les non-catholiques désireux de sauvegarder leur identité voient de plus en plus l’Église comme une alliée objective de leur mise en esclavage programmée, tandis que nombre de catholiques sont désemparés, affolés, de ne plus trouver secours auprès de leur mère face à cet Antichrist devant lequel tout le monde se couche et qui n’apporte que malheurs et 

terreurs. Il faut lire à ce sujet la récente Lettre ouverte d’ex-musulmans devenus chrétiens adressée au Pape.Si l’Église elle-même ne voit pas d’inconvénient à ce que l’islam s’installe en Europe, comment voulez-vous que les États puissent trouver quelque chose à y redire ? L’Église ne joue plus son rôle de prophète, elle n’imite plus le Bon Berger qui chasse le loup de la bergerie, elle se contente de dialoguer avec lui et même l’appelle à corps et à cris à venir s’installer chez nous… Le souci du salut des hommes paraît avoir complètement déserté les préoccupations du clergé, tout occupé à célébrer la convivialité humaine, terrestre, où chacun a le droit de croire ce qu’il veut…  

Même en France, des ex-musulmans cachent leur conversion à leurs familles et voisins, par peur des représailles, et cette peur se répercute dans l’Église qui ne les accueille bien souvent que du bout des doigts. J’ai l’exemple de cette jeune fille,  majeure et vaccinée, dont le père est l’imam bien connu d’une ville de la région parisienne. Elle est allée demander le baptême au curé de sa ville, qui lui répondit : « Mais, votre père est-il d’accord ? » 

Cela veut-il dire que l’Église de France a perdu la foi ?

L’Église de France n’existe pas plus que l’islam de France. La différence : le christianisme est d’ordre surnaturel, dont les implications dans l’ordre temporel sont laissées au discernement et à la prudence des hommes, tandis que l’islam est une loi pour ce monde. Par ailleurs, il y a l’Église qui est en France, et il y a son personnel. Ce sont là deux réalités qui ne sont pas synonymes.

J’ai déjà dénoncé la participation de l’Église catholique à la Conférence des responsables de culte en France,parce que « de telles entreprises ne peuvent en aucun cas être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance (Pape Pie XI, Mortalium Animos».

Ce que précisément revendiquent comme leur but les membres de cette conférence, qui adhèrent « sans réserve au principe de laïcité. En effet, ils souhaitent, par cette conférence « mieux assumer leur commune vocation de témoins de la transcendance [exit Jésus-Christ] dans la République laïque. Le but second est de participer, au même titre que d’autres instances, aux débats sur la construction du vivre ensemble dans notre pays, grâce à la confiance mutuelle acquise [Bonjour la takiya !], dans leur unité [Relire 2 Co 6.14-18] et leurs diversités (La charte de partenariat) ».

En renonçant à se présenter comme la seule vraie religion, mais seulement, selon le dogme laïciste, comme une religion parmi d’autres, la religion catholique rend inaudible son propre message, et, conséquence logique, se fait la servante de l’islam, son ennemi juré (Coran 2.193 ; 9.30) à qui elle apporte les titres de respectabilité dont il a besoin pour justifier de sa prétention à être traité comme l’Église catholique dans l’espace public.

J’attends le jour où M. Macron, qui entend « poser les jalons de toute l’organisation de l’islam de France (un leurre : il n’y a qu’un islam, qui transcende les frontières nationales !) », en fixant notamment la formation des imams et créant de nouvelles instances représentatives, voudra faire la même chose avec l’Église catholique au nom du devoir de l’État de traiter toutes les religions à égalité… Au nom de quoi l’Église catholique pourra-t-elle s’y soustraire puisqu’elle aura déjà elle-même affirmé sa « vocation commune de témoin de la transcendance » avec toutes les autres religions ? 

« La conclusion est claire : se solidariser avec les partisans et les propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée. (Pie XI, op. cit.) ».

 

Il y a malgré tout dans l’Église des prêtres comme vous, mais aussi des laïcs comme Moh-Christophe Bilek, qui œuvrent à la conversion des musulmans, qui évangélisent, qui annoncent le Christ aux musulmans. Est-ce selon vous un phénomène qui va en s’amplifiant ? Pensez-vous qu’il y ait aujourd’hui de plus en plus de conversions de musulmans en dépit de l’attitude de l’Église ?

Oui, mais cela reste vraiment très marginal. Il faut savoir qu’en France les musulmans représentent officiellement 6% de la population (ce qui est évidemment faux ; il suffit de se promener dans les rues de France pour s’en rendre compte), il y a chaque année 4.000 conversions de Français de souche à l’islam. Comparativement, il y aurait en France 37 % de la population à se déclarer catholique. Or il y a chaque année seulement environ 300 baptêmes d’ex-musulmans.

Vous voyez la disproportion entre 6 % qui convertissent environ 4.000 personnes et 37 % qui en convertissent 300… Ce sont des chiffres officiels. Comment les expliquer, sinon parce qu’il n’y a pas de volonté de convertir de la part de l’Église, tandis qu’il y en a une du côté de l’islam ? D’ailleurs, jamais je n’ai vu un quelconque programme d’évangélisation des musulmans élaboré par un diocèse français. Cela n’existe pas. La conversion des musulmans ne semble pas faire l’objet des préoccupations de nos évêques. L’islamisation de notre pays doit leur paraître d’une fatalité inéluctable à laquelle ils sont déjà résignés.

 

J’ai même entendu dire que l’archevêque de Lyon, Mgr Barbarin, primat des Gaules, avait déclaré lui-même qu’il déclamait la profession de foi musulmane lorsqu’il était appelé au chevet d’un musulman mourant. Je suppose que c’est un bobard ?

Non, pas du tout. Vous pouvez trouver cela sur Internet la vidéo qui rend compte de ce propos lors du synode de Versailles (ici, à 1.19’).

 

Mais alors d’un point de vue musulman, si Mgr Barbarin prononce cette profession de foi musulmane, il est musulman ?

Pour devenir musulman, il faut prononcer la chahada devant au moins deux témoins. Et on peut supposer que, du moins pour les moins insensés, il faut tout de même aussi l’intention de se convertir à l’islam. Ce qui n’était assurément pas la volonté du cardinal. Ceci dit, je ne comprends pas pour autant que le cardinal puisse donner une telle pratique en exemple. En tout cas, pour ma part, je suis incapable d’inviter un musulman, fut-ce à son heure dernière, à faire autre chose qu’invoquer le Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ comme son Sauveur, puisque il n’y a pas d’autre nom donné sous le ciel par lequel nous puissions être sauvés (Ac 4.12)…

 

J’ai eu aussi un entretien avec le père Samir Khalil Samir qui m’a parlé justement du problème de ces évêques catholiques qui ne cherchent pas à évangéliser les musulmans et ne soutiennent pas ceux qui le font, mais il m’a aussi dit qu’en France l’évêque de Toulon, Mgr Rey, était un peu une exception.

Il est heureux que le père Samir Khalil Samir, étant donné son autorité, puisse aussi clairement dénoncer ce scandale. Je viens de publier un livre sur l’Enfer,peut-être devrais-je en faire cadeau à chacun de ces évêques ? 

 

Ainsi, si je reviens à un point de vue laïc, identitaire, la seule chance pour nous de ne pas être soumis à l’islam à terme ou de ne pas nous retrouver pris dans une guerre civile en France et en Europe, c’est une intervention divine ?

Absolument. Je n’espère plus de secours que de la Vierge Marie, parce qu’humainement parlant, en voyant l’Église qui ne propose plus de faire son salut « avec crainte et tremblements (Ph 2.12) », estime l’islam au lieu de le combattre, le pouvoir civil favorisant l’islamisation, imposant l’immigration et la discrimination positive (c’est-à-dire l’injustice) à l’endroit de ces populations musulmanes, l’avenir appartient à l’islam. C’est statistiquement, mathématiquement, assuré. Je reviens d’un pèlerinage à Pontmain où la Vierge nous dit : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon fils Se laisse toucher »…

 

Je suppose que vous devez plutôt approuver l’attitude des pays du Groupe de Visegrád qui refusent catégoriquement les demandeurs d’asile parce que – et ils le disent clairement – ils ne veulent pas d’immigration musulmane pour ne pas se retrouver dans la situation de pays comme la France, l’Allemagne, la Belgique, etc.

Ces pays obéissent à Dieu. Sainte Jeanne d’Arc nous a répondu que Dieu aimait les Anglais, mais chez eux, pas en France. Nul doute qu’Il aime les Algériens en Algérie et les Marocains au Maroc. Saint Jean, le doux saint Jean, l’Apôtre de l’Amour, qui a reposé sa tête sur le Cœur de Notre Seigneur, pour qui « Dieu est amour (1 Jn 4.8,16) », commande : « Si quelqu’un vient à vous sans accepter cette doctrine [c’est-à-dire en refusant l’Évangile], ne le recevez pas chez vous. Quiconque le salue participe à ses œuvres mauvaises. (2 Jn 10-11) ».

Et, de fait, « quelle association entre le fidèle et l’infidèle ? (2 Co 6.14-18) ». Si l’on accepte chez soi l’islam, on fait voler en éclat l’unité nationale, la communion de la foi et la cohésion sociale. Malheureusement, après le concile Vatican II, la réalité sociale et politique ordonnée selon l’Évangile a été méprisée, rejetée. On a voulu si bien séparer la politique et la religion qu’elles ont été rendues étrangères l’une à l’autre. Or, il faut un fondement politique, humain et cohérent, pour que la foi puisse se développer.

C’est la raison pour laquelle Dieu a créé le peuple d’Israël, et a voulu son homogénéité ethnique et religieuse. Il voulait sans doute donner ainsi une leçon politique spécialement à notre époque. Sans cette réalité humaine temporelle qu’est la nation, la foi reste virtuelle, et l’Église ne reposant plus sur cette réalité essentielle de l’ordre naturel, disparaît avec elle… C’est pourquoi saint Jean-Paul II appelait à défendre la nation, qu’il considérait comme la réalité « la plus importante pour l’histoire spirituelle de l’homme  (Varsovie, le 2 juin 1979) ».

 

Je me dis parfois que les musulmans sont l’instrument dont Dieu se sert pour forcer les Européens à revenir au christianisme.

Vous avez raison, l’islam est le châtiment de l’apostasie actuelle des peuples chrétiens. Et en même temps, comme Dieu est miséricordieux, l’instrument de Sa justice peut servir de moyen pour réveiller les gens de la léthargie confortable dans laquelle ils se damnent allègrement. Si nous nous mettions à vouloir convertir les musulmans, ils seraient le sang neuf dont l’Église a besoin, et Dieu sait si les musulmans sont heureux qu’on les évangélise, tant ils souffrent dans l’islam ! Nous avons la Vérité, mais nous n’y croyons plus, eux ont le mensonge et y croient.

Il faudrait faire une alliance… Que nous leur donnions la vraie foi et qu’ils se donnent « eux-mêmes, d’abord au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu (2 Co 8.5) ». Qui sait si cette alliance ne serait pas propre à rejeter la société post-chrétienne, athée et hédoniste, tuant les enfants à naître et les vieillards, mariant les invertis et pervertissant les enfants dès la maternelle ?

Que Jésus, le vrai Roi de France (dixit sainte Jeanne d’Arc), daigne prendre en pitié Son héritage !

 

islam-et-verite.com – 21 février 2018