Communiqué : « Un roi faible affaiblit le peuple le plus fort »

Les évêques(avenirdelaculture.fr) Cette phrase célèbre de Camoens vient à l’esprit en lisant le communiqué d’hier publié par le Conseil permanent de la Conférence épiscopale, trois jours après l’une des plus vastes mobilisations que la France ait jamais connue.

Décalés du million de marcheurs qui clamaient pour le retrait immédiat du projet de loi Taubira, les plus hauts responsables de l’Église en France se bornent à demander que dans le débat parlementaire, il soit trouvé des formulations respectueuses du caractère hétérosexuel du mariage, de la filiation et des personnes homosexuelles.

Les évêques acceptent donc le principe d’un remaniement du droit de la famille : ils accueillent les revendications du lobby LGBT pour un cadre juridique solennel, pourvu que l’étiquette « mariage » ne vienne pas envelopper le produit et que l’adoption d’enfants par des paires homosexuelles se fasse sans reconnaissance fictive de paternité.

On comprend qu’un organisme épiscopal prêt à céder à ce point, déplore le clivage croissant entre une France attachée à la famille traditionnelle et un gouvernement socialiste aveuglé par la « théorie du genre ».

On ne comprendra jamais comment des Pasteurs catholiques peuvent suggérer même implicitement un Pacs +, c’est-à-dire une aggravation du Pacs, comme une alternative possible au « mariage pour tous ».

En effet cette formule est en contradiction ouverte avec l’enseignement de l’Église, selon lequel « il n’y a aucun droit à l’homosexualité, qui ne devrait donc pas constituer le fondement de revendications juridiques » (cf. Déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, juillet 1992).

Devant ce communiqué décevant, Avenir de la Culture réitère ce qu’elle écrivait dans son « Appel respectueux aux Évêques de France : N’ayez pas peur ! », le 8 décembre dernier :

« Les catholiques de la base voudraient une Église décomplexée qui n’hésite pas à entrer dans la mêlée des convictions et à défendre d’une voix forte les valeurs chrétiennes. Si les évêques persistent à offrir au Gouvernement un ‘Pacs amélioré’ comme alternative au ‘mariage pour tous’, ils ne feront qu’élargir le fossé entre eux et les fidèles. »

Avenir de la Culture désire ardemment que d’autres voix épiscopales, discordantes de celles-ci, se fassent entendre pour que Mme Taubira ne puisse pas répéter un jour ce qu’à écrit Simone Veil dans ses mémoires en évoquant la légalisation de l’avortement : « Avec l’Église catholique, les choses se sont mieux déroulées que j’aurais pu le craindre ».

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